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Photo : Sergey Pesterev / Unsplash

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3 400 km de lumière dorée : votre road trip au Maroc

L'été marocain vu à travers un objectif (et une voiture climatisée)

7 min de lecturePar RBPS CARS

L'aube à AïtBenhaddou sent la poussière froide et le jasmin. À 5h15, quand la ksar dore lentement sous les premiers rayons, vous êtes seuls — deux voyageurs, un trépied, et l'impression de tenir quel…

L'aube à Aït-Benhaddou sent la poussière froide et le jasmin. À 5h15, quand la ksar dore lentement sous les premiers rayons, vous êtes seuls — deux voyageurs, un trépied, et l'impression de tenir quelque chose de rare entre les mains. C'est pour ça qu'on a fait ce trip. Et c'est aussi pour ça qu'on a failli tout rater en arrivant à Marrakech un samedi de juillet à 14h.

On a roulé 3 400 kilomètres en douze jours cet été, entre riads de 2 000 dirhams la nuit et douches froides dans un gîte de montagne à Aït Benhaddou. On a raté trois couchers de soleil, décroché dix photos qui valaient le déplacement, et dépensé environ 1 800 € à deux — billets d'avion non compris. Voilà la version non édulcorée.

Ce qu'on n'avait pas anticipé : la chaleur comme variable photographique

Juillet au Maroc, ça ne ressemble pas aux photos Instagram qui circulent. Marrakech en plein après-midi de juillet, c'est 42°C dans la médina, un soleil à la verticale qui écrase tout relief, et des ruelles vides entre 13h et 17h. Photographiquement, c'est une catastrophe. La lumière est dure, les ombres sont noires, les couleurs cramées.

Ce qu'on a compris au bout de trois jours : l'été marocain offre deux fenêtres de lumière par jour. De 5h30 à 8h, et de 18h30 à 20h15. En dehors, vous shootez soit à l'ombre (médina couverte, souks, intérieurs de riads), soit vous rentrez en climatisation.

On a réorganisé tout notre planning autour de ça. Réveil 5h, sortie 5h20, retour à 9h30. Sieste ou travail de tri jusqu'à 17h. Sortie 18h. Dîner tardif, 21h. C'est épuisant. C'est parfait.

Conseil terrain : À Marrakech, la place Jemaa el-Fna se vide entre 14h et 16h. Mais à 19h30, les fumées des grillades, les conteurs, les musiciens gnaoui — tout repart en même temps. Positionnez-vous sur la terrasse du Café de France à 19h15, commandez un thé, attendez. Vous aurez vingt minutes de lumière dorée sur une scène impossible à recréer.

Le riad de luxe : ça vaut vraiment le coup pour un photographe ?

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On a testé deux niveaux d'hébergement intentionnellement. Deux nuits au riad Dar Anika à Marrakech (médina, autour de 2 200 MAD la nuit, petit-déjeuner compris — vérifiez les tarifs selon saison). Puis un gîte sobre à Aït Benhaddou pour 380 MAD.

La différence photographique est réelle, et pas là où on l'attendait.

Le riad de luxe offre des intérieurs extraordinaires : zellige 17e siècle dans les couloirs, puits de lumière zénithale vers 11h, patios avec bassins qui réfléchissent les moucharabiehs. Notre meilleure photo de l'ensemble du voyage vient de ce couloir à 11h03, lumière naturelle seule, aucun filtre. Le gîte d'Aït Benhaddou, lui, donne un accès immédiat à la ksar avant l'arrivée des groupes, et les propriétaires — Fatima et son mari Brahim — nous ont indiqué le sentier qui monte derrière le village pour voir le ksar en contre-plongée. Ça, aucun concierge de palace ne l'aurait fait.

Ce qu'on referait : alterner. Une nuit de luxe pour les intérieurs et la lumière zénithale. Une nuit locale pour l'accès au terrain et la proximité humaine.

L'itinéraire réel — pas la version Instagram, la vraie

Jours 1-3 : Marrakech

Arrivée à Marrakech-Menara. On avait préréservé notre voiture (une Toyota RAV4 automatique, nécessaire pour les pistes). Conseil si vous louez : prenez systématiquement la climatisation double zone, la conduite longue durée en juillet dans le sud devient physiquement éprouvante sans ça.

Marrakech nous a pris trois jours entiers. Pas pour le tourisme classique — pour les lumières spécifiques. La medersa Ben Youssef à 9h, quand les groupes ne sont pas encore là : la lumière filtre par les claustra en stuc, elle dessine des losanges sur le zellige vert. La tannerie Cherratine dans la médina (différente des tanneries de Fès, moins connue, moins encombrée) : demandez à Karim, le guide informel qui attend sur le seuil, de vous faire monter sur la terrasse d'un marchand. Vue plongeante sur les cuves, couleurs saturées naturellement par la lumière d'été.

Jours 4-5 : Route de Ouarzazate

La N9, le col du Tichka (2 260 m), puis la descente vers Ouarzazate. 200 kilomètres, environ 3h30 avec les arrêts. Ne faites pas ça en une traite. Au col, posez-vous 45 minutes. La lumière sur les crêtes de l'Atlas à cette altitude a une qualité que vous n'obtiendrez nulle part ailleurs dans la journée — bleutée, froide, presque islandaise, complètement en rupture avec le Maroc qu'on imagine.

Jours 6-7 : Aït Benhaddou et Drâa

La ksar d'Aït Benhaddou, tout le monde la connaît. Ce que moins de gens savent : le meilleur angle n'est pas face à la ksar depuis la rive. C'est depuis le toit de la dernière maison habitée du village — la famille Oulhaj y habite encore et accepte parfois qu'on monte, en échange d'un achat de céramiques raisonnable (comptez 150-200 MAD). Vue sur toute la vallée du Mellah, contre-jour à 18h45 en juillet : une image.

Jours 8-10 : Merzouga et les dunes de l'Erg Chebbi

C'est ici qu'on a fait notre plus grosse erreur. On avait prévu deux nuits dans un camp de luxe aux dunes (Merzouga Luxury Desert Camp, autour de 3 500 MAD la nuit pour deux en half-board). Juillet dans l'Erg, c'est 48°C à 15h. Les dromadaires transpirent. Les dunes sont belles mais la lumière de nuit (voie lactée) était notre objectif principal.

Résultat : deux nuits époustouflantes côté ciel étoilé — la pollution lumineuse quasi inexistante dans l'Erg Chebbi en fait l'un des meilleurs sites d'astro-photographie d'Afrique du Nord — et deux journées entières à se terrer sous une tente climatisée. On ne regrette pas, mais on aurait pris une nuit au lieu de deux. Le surlendemain à 4h, montée à pied sur la grande dune (environ 45 minutes, prenez des chaussures fermées, le sable est brûlant même la nuit), attente du lever. C'était la raison du voyage entier.

Jours 11-12 : Retour par Tinghir et les gorges du Todgha

Les gorges du Todgha en juillet à 8h du matin. Les parois à 300 mètres créent une ombre complète, l'air est 15°C plus frais qu'à l'extérieur, et la lumière arrive en diagonale sur la roche ocre pendant exactement 22 minutes. On a déclenché 340 fois en 22 minutes. C'était suffisant.

Budget réel : ce que ça coûte vraiment

  • Vols (Paris-Marrakech A/R, juillet) : environ 280-380 € par personne selon la date de réservation
  • Location voiture 12 jours (SUV climatisé, kilométrage illimité, assurance complète) : entre 4 500 et 5 500 MAD selon l'agence. Passer par RBPS Cars nous a évité la mauvaise surprise du kilométrage plafonné qu'on avait eu un autre voyage.
  • Hébergement (mixte luxe/gîte) : environ 650 € à deux sur 12 nuits
  • Carburant : 1 100 MAD environ (pleins réguliers, routes de montagne consomment plus)
  • Repas : de 40 MAD (tajine local) à 280 MAD par personne (restaurant de riad)
  • Droits de photos, entrées, guides ponctuels : compter 80-120 MAD/jour

Total estimé à deux, hors vols : environ 1 100-1 300 €

Ce qu'on referait. Ce qu'on changerait.

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On referait :

  • L'organisation réveil 5h / sieste / sortie 18h, sans exception
  • Le mix hébergement luxe + local
  • La nuit dans l'Erg Chebbi pour l'astronomie
  • Les gorges du Todgha en matinée

On changerait :

  • Éviter Marrakech le week-end de juillet (foule + prix +30% sur les riads)
  • Prévoir une journée tampon au milieu — on était épuisés au jour 8
  • Emporter un réflecteur pliable léger : la lumière dure de midi est récupérable dans les intérieurs si on sait s'en servir
  • Moins de dunes, plus de Drâa : la vallée du Drâa entre Agdz et Zagora est photographiquement aussi forte que les dunes, avec zéro touriste

Ce que Fatima nous a dit à Aït Benhaddou, et qu'on n'a jamais lu nulle part : en juillet, les familles du village montent leurs troupeaux de chèvres vers la ksar à 6h pile. Pendant dix minutes, vous avez des chèvres blanches contre la roche ocre, dans une lumière rasante. C'est le shot que les photographes professionnels reviennent chercher spécifiquement.

Équipement photo : ce qui a survécu à 42°C

Petite liste utile pour les photographes qui partent cet été :

  • Sacs : privilégiez les sacs photo avec façade externe claire ou housse de pluie — pas pour la pluie, pour réfléchir la chaleur
  • Batteries : la chaleur dégrade les accu Li-Ion. Comptez 30% d'autonomie en moins à 40°C. Prenez le double
  • Filtres ND : indispensable pour les longues poses en plein jour (fontaines, portes de souks)
  • Carte mémoire de rechange : en altitude (Tichka), la condensation au retour en ville peut créer des erreurs de lecture
  • Chargeur solaire : dans l'Erg, les camps de luxe ont le courant, mais les gîtes en montagne moins

Conclusion — On y retourne quand ?

Pas en juillet. Pas pour les photos de couleurs. Septembre ou octobre pour la lumière douce, les crêtes de l'Atlas sans brume de chaleur, et les gorges du Todgha sans faire bouillir ses objectifs.

Mais pour l'astronomie dans l'Erg, pour la lumière à 5h30 sur Aït Benhaddou, pour ce couloir en zellige du Dar Anika à 11h03 — oui, juillet fonctionne. À condition d'y aller les yeux ouverts, le réveil réglé sur 5h, et l'agenda vide entre 13h et 17h.

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