Many blue fishing boats docked in a harbor.

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Tourisme

On a mangé à Agadir 7 jours de suite : voilà ce qu'on a vraiment trouvé

Une semaine, deux estomacs, mille surprises

6 min de lecturePar RBPS CARS

La première gifle, ce n'est pas la mer. C'est l'odeur. À 7h30 du matin, à deux cents mètres du port d'Agadir, l'air sent le charbon de bois, la chermoula et le sel mouillé. On n'avait pas prévu de co…

La première gifle, ce n'est pas la mer. C'est l'odeur. À 7h30 du matin, à deux cents mètres du port d'Agadir, l'air sent le charbon de bois, la chermoula et le sel mouillé. On n'avait pas prévu de commencer là. C'est pourtant là que tout a basculé.

On est arrivés un mercredi de mi-octobre, voiture louée à l'aéroport Al Massira — 20 minutes de route, pas plus. Une semaine devant nous, aucun programme fixe, une seule règle : manger local, pas hôtel, pas rooftop à touristes. Ce que vous lisez ici, c'est le compte rendu brut. Ce qui a marché, ce qui était surestimé, ce qu'on n'avait pas vu venir.

Le port le matin : le seul endroit où personne ne vous attend

Le marché aux poissons du port d'Agadir ouvre tôt. Très tôt. Vers 6h, les chalutiers déchargent encore. À 8h30, les premières tables de grillade sont déjà fumantes.

On a posé nos plateaux chez un homme qu'on appellera Hassan — casquette bleue, tablier taché de rouge, gestes rapides comme quelqu'un qui n'a pas de temps à perdre. Vous choisissez le poisson sur l'étal voisin (on a pris une dorade de 600g, comptez autour de 40 à 50 MAD au kilo selon le jour), vous le ramenez à Hassan, il grille, il sale, il pose devant vous. Avec du pain khobz, de l'harissa maison et un verre de thé : moins de 60 MAD par personne.

La surprise ? Personne ne parle anglais. Personne ne fait semblant de parler anglais. C'est le seul coin d'Agadir où on s'est sentis dans une vraie ville marocaine, pas dans un décor pour visiteurs.

Conseil terrain : Arrivez avant 9h. Après, la fraîcheur part et les prix montent légèrement avec l'afflux de touristes tardifs. Et gardez le ticket de l'étal de poisson — certains grilleurs le demandent pour vérifier l'achat.

Talborjt : le quartier que les hôtels ne mentionnent jamais

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La plupart des couples séjournent sur le boulevard Mohammed V ou dans les résidences balnéaires. On comprend pourquoi. Mais pour manger, il faut remonter vers Talborjt, le quartier populaire à l'intérieur.

Rue Allal Ben Abdallah, vers 12h30, les restaurants de quartier servent des menus à 40-50 MAD. Un tagine de poulet aux olives, une soupe harira servie dans un bol ébréché, du pain sorti du four il y a quinze minutes. On a mangé là trois fois en une semaine. La troisième fois, le propriétaire — Driss, la soixantaine, chemise à carreaux — nous a apporté des dattes sans qu'on demande rien. «C'est l'automne, les dattes sont bonnes là.» C'était vrai.

Ce qu'on a moins aimé : l'éclairage au néon blanc qui donne l'impression de manger dans un cabinet médical. L'ambiance n'est pas romantique. Mais le tagine à 50 MAD l'était, lui.

La question du souk des épices

On est passés au souk Imi (marché couvert central, accessible depuis le boulevard du 20 août) un jeudi après-midi. C'est là qu'on a acheté du ras-el-hanout directement à un vendeur qui préparait son mélange devant nous — une vingtaine de composants, pesée à la main. Prix : 25 MAD pour 100g, contre 120 MAD le même poids dans les boutiques «artisanales» du front de mer.

Detail sensoriel : l'allée des épices sentait simultanément le curcuma brûlant, la cannelle fraîche et quelque chose qu'on n'a pas su identifier — selon Fatima, la voisine de stand, c'était de la «sésame grillée mélangée à du nigelle». On a pris les deux.

Ce qu'on a raté — et pourquoi c'est utile à savoir

On avait coché deux adresses dans un guide papier datant de 2021. La première avait fermé. La deuxième avait changé de propriétaire et de cuisine — maintenant c'est «méditerranéen fusion», ce qui à Agadir signifie pizza au fromage de chèvre et mojito sans alcool.

Leçon : les guides imprimés vieillissent vite dans cette ville. Agadir se reconstruit en continu depuis le séisme de 1960 et la gastronomie suit ce rythme. Ce qui existait en 2022 peut ne plus exister. La meilleure source d'information reste le taxi qui vous amène à votre hôtel — on a demandé au nôtre «où tu manges, toi, le midi ?» Il a cité une adresse à Hay Mohammadi. On y est allés. C'était excellent et hors de tout radar.

Les souvenirs comestibles : ce qu'on a ramené dans la valise

Agadir est la capitale de l'argan. Pas le cosmétique — l'huile d'argan culinaire, la torréfiée, celle qu'on verse sur l'*amlou* (pâte d'amandes, miel, argan). C'est une des choses les plus denses en goût qu'on ait mangées de la semaine : une noisette de amlou le matin avec du pain plat, c'est un petit-déjeuner complet.

On a acheté notre huile à la coopérative féminine Aït Souss, sur la route qui monte vers l'ancienne kasbah (Agadir Oufella). Prix fixe, pas de négociation, qualité contrôlée. 75 MAD pour une bouteille de 25cl d'huile vierge culinaire. Les boutiques du port vendent la «même» bouteille 160 MAD.

  • Huile d'argan culinaire : coopérative Aït Souss, bord de route montée kasbah — ~75 MAD / 25cl
  • Épices en vrac : souk Imi, allée centrale — compter 20-30 MAD / 100g
  • Olives marinées : marché de Talborjt, étals du mardi et jeudi — 15 MAD / barquette
  • Amandes de Souss : même marché, entières et grillées — autour de 50 MAD / 500g

Conseil non-évident : L'étiquette «100% argan» sur les bouteilles touristiques ne garantit rien. L'huile culinaire de qualité est trouble et sent la noisette légèrement torréfiée. Si elle est translucide et sans odeur, c'est coupé ou raffiné. Reniflez avant d'acheter.

Le budget réel : ce qu'on a vraiment dépensé

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On ne parle pas du vol. On parle de ce qui compte une fois sur place.

Hébergement : résidence avec cuisine à Secteur Baladia, 7 nuits — autour de 500 MAD / nuit. Avoir une cuisine nous a permis de préparer deux dîners avec les achats du marché. Économie notable.

Alimentation : en mangeant local (port le matin, Talborjt le midi, cuisine maison deux soirs, un seul restaurant «touriste» toute la semaine) — budget nourriture moyen à deux : 180-250 MAD / jour.

Transport : on avait une voiture de location — environ 300 MAD / jour pour une citadine, carburant inclus dans nos calculs à raison de 60-70 MAD / jour pour nos déplacements agadirois (port, souk, kasbah, sortie à Tiznit un après-midi). Avoir sa propre voiture change tout : le marché aux poissons à 7h30 sans attendre un taxi, les épices à midi, la kasbah au coucher du soleil — tout ça sans négocier un prix ni attendre.

Total estimé pour deux, 7 nuits, hors vols : autour de 5000 à 6000 MAD en vivant bien, sans se priver.

Ce qu'on referait exactement pareil — et ce qu'on changerait

On referait : la matinée au port. Les 4 passages à Talborjt. La coopérative argan. La sortie à Tiznit (1h15 en voiture, marché du jeudi, tout autre monde).

On changerait : on passerait moins de temps sur le front de mer les deux premiers jours — belle plage, oui, mais les restaurants qui la bordent sont formatés pour le tourisme de masse. On n'y a rien mangé de mémorable.

On ajouterait aussi une nuit à Taroudant, à 80 km en direction de Marrakech. On y a fait un aller-retour dans la journée, c'était trop court. La médina y est restée presque entière après le séisme (Agadir n'a pas eu cette chance) et le marché aux légumes du vendredi déborde jusque dans les ruelles.

Conclusion : Agadir en octobre, c'est une question de curseur

Agadir en automne, c'est 26°C le jour, 18°C le soir. La mer est encore chaude. Les plages se vident des vacanciers d'août. Et les marchés basculent vers les produits de saison — dattes Medjool, figues sèches, premières amandes nouvelles.

Si vous venez pour les buffets d'hôtel, la ville sera exactement ce que vous attendez. Si vous venez avec une voiture, un sac isotherme et la curiosité de remonter deux rues derrière le boulevard, vous trouverez quelque chose d'assez différent. C'est ce deuxième voyage qu'on a fait. Et qu'on conseille.

Pour la voiture, on avait réservé via RBPS Cars avant le départ — prise en charge directe à l'aéroport Al Massira, sans navette ni attente. Pour ce genre de semaine où l'improvisation est le programme, c'est la seule logistique qu'on ne regrette pas d'avoir planifiée à l'avance.

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